Journée internationale de la santé : entretien avec des entrepreneur.e.s qui allient santé, technologie et impact

À l’occasion de la Journée Internationale de la santé 2021 (7 avril), nous avons eu envie de mettre à l’honneur deux entrepreneurs et une entrepreneuse résident.e.s du Liberté Living-Lab ou membres du programme d’accélération Tekhné, qui développent des produits ou des services à impact dans ce secteur: Emeric Lemaire, cofondateur d’Arkhn, Samah Ghallousi, directrice générale d’AALIA.tech et Antoine Noel, cofondateur et directeur de Japet. Les journées internationales de la santé aidant à sensibiliser le grand public sur des sujets très variés, c’est ainsi l’occasion de mettre en lumière 3 enjeux en santé, qu’ils concernent les professionnels ou le grand public : la gestion de données médicales, l’inclusion dans l’univers de la santé, ou les enjeux de la santé du dos.

ARKN : gérer des données durant une pandémie

La crise sanitaire a mis en lumière les problématiques d’accès et de gestion des données du système de santé. La méconnaissance des facteurs de risque à partir des antécédents médicaux, la gestion du nombre de patients aux urgences et plus récemment la gestion de la vaccination en sont probablement les exemples les plus marquants. Emeric Lemaire, cofondateur d’Arkhn, dont la mission est de permettre un accès plus efficace et plus éthique aux données des hôpitaux, nous partage quelques apprentissages tirés durant cette pandémie.

“Même si à cause de la crise sanitaire, l’année passée a été très dure pour notre société, certaines prises de consciences sont positives pour le futur du système de santé. En particulier, le gouvernement a pris des mesures en vue d’augmenter la résilience des hôpitaux, qui passent notamment par des investissements dans la recherche ainsi que dans leurs systèmes d’informations : c’est une des principales missions du Ségur.”

Selon Emeric, une bonne gestion des données permettrait de mieux contrôler la pandémie de la Covid-19. Tout d’abord car l’accès aux informations médicales est vital pour bien comprendre la maladie, et donc trouver les traitements. Ensuite pour la recherche qui a besoin de ces données pour recruter rapidement des patients dans les essais cliniques. Enfin d’un point de vue organisationnel, par exemple pour mieux suivre ce qui se passe au niveau de la distribution des lits et et construire des modèles de propagation plus efficaces.

Malgré la pandémie, Arkhn a réussi à se développer et accompagne désormais une dizaine d’établissements. Les équipes développent une plateforme numérique facilitant l’accès à l’ensemble des données collectées dans les établissements de santé. Ils déploient dans chaque établissement un entrepôt de données standard, accessible à travers une interface universelle (une API — Interface de programmation applicative — utilisant le standard FHIR, référence internationale pour l’informatique médicale), et qui centralise les données des logiciels existants, difficilement accessibles à l’heure actuelle. Cet accès facilité aux données sert les questions de recherche (constitution de cohortes, recherche clinique), les problématiques des équipes de soin (suivi du parcours des patient.e.s, recherche rapide d’informations médicales) et permet la valorisation de ces données auprès des acteurs partenaires de l’hôpital (éditeurs de logiciels, laboratoires pharmaceutiques, etc).

Les défis de cette année ? “Tirer les leçons de cette crise sanitaire afin de construire un système de santé plus efficace pour tous et toutes, et plus à même de répondre à de telles pandémies”.

AALIA.tech : l’inclusion médicale à travers la langue

Pour Samah Ghallousi, directrice générale d’AALIA.tech, un enjeu majeur de la santé reste l’inclusion. Pour elle, il existe un vrai problème de santé publique, sur lequel AALIA.tech travaille : l’accessibilité par la langue. Dans le cadre de la pandémie par exemple, toute une population ne parlant pas bien français a eu beaucoup de difficultés pour comprendre les messages de prévention d’une part, et pour accéder aux soins d’autre part.

“Il y a déjà souvent des problèmes de communication basiques entre médecins et patients, qui font que certains patients ne comprennent pas toujours leurs traitements, comment le prendre correctement. Quand en plus le patient ne parle pas ou pas bien le français, le problème est encore plus complexe. Si l’on n’a pas la possibilité de traduire ce message dans sa langue, il ne va tout simplement pas gérer sa pathologie correctement, ce qui va l’aggraver voire créer d’autres pathologies.”

AALIA.tech a donc lancé son produit, pour l’instant en beta test, pour aider les services d’urgence, en leur proposant un assistant vocal via une application qui traduit les questions du professionnel de santé dans la langue maternelle du patient. Cette technologie tient compte du contexte médical et culturel de ce dernier, et permet une compréhension fine en n’enfermant pas le médecin dans une liste de questions, en ne se limitant pas à un langage artificiel préétabli. L’assistant est en version vocale pour aider aussi ceux qui ne savent pas lire.

L’application AALIA.tech est en beta test, toutes les professions médicales (médecins, infirmières, sage femmes etc.) sont invité.es à l’utiliser en passant par ce formulaire.

JAPET MÉDICAL : la santé du dos, lutter contre autre épidémie?

Les problèmes de dos, communs chez les travailleurs, risque de se développer encore davantage chez les très nombreux télétravailleurs en confinement, souvent peu équipés chez eux pour de longues stations assises.. Selon la revue scientifique médicale The Lancet, on estime que 540 millions de personnes sont touchées par les lombalgies dans le monde.

“Le coût annuel du mal de dos représente plus de 1,4 milliards d’euros chaque année pour la sécurité sociale. Il est donc primordial de trouver des solutions pour les personnes qui en souffrent de manière chronique car elles représentent 80% des dépenses. Il est également capital d’agir en prévention pour éviter de rentrer dans ce cercle vicieux.” affirme Antoine, cofondateur et directeur de Japet.

L’un des axes de cette journée internationale de la santé est la “Mobilisation de tous les acteurs de la santé publique”, et notamment ceux à qui on ne pense pas forcément. Ainsi selon Antoine, la mobilisation des entreprises est primordiale, car de nombreux facteurs de risques sont liés à l’activité professionnelle. Pour lutter contre les troubles musculosquelettiques (TMS), JAPET a donc conçu des exosquelettes destinés au marché du travail. Cette “Wearable Medicine” se définit comme l’alliance des sciences médicales et de la robotique moderne. La start-up commercialise ses exosquelettes en France, en Allemagne, en Corée du Sud et à Hong-Kong, cette année Japet compte multiplier ses partenariats en Italie, ainsi que dans plusieurs pays asiatiques et sud-américains.

Par ailleurs, dans le contexte précis de l’épidémie, Japet est l’un des nombreux acteurs à s’être mobilisés : en 2020 ils ont intégré l’accélérateur de la Croix-Rouge Française pour favoriser l’intégration de nouvelles solutions de santé au travail, et venir notamment en aide aux personnels mobilisés en première ligne contre la pandémie.

Retrouvez ici toutes les startups de l’accélérateur TEKHNE.
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Nous accélérons les innovations technologiques et économiques qui adressent des défis de société par des programmes multi-acteurs d’envergure.

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