TEKHNÈ TALKS | 1ère édition

Par Thomas Perraud, Startup Accelerator Manager TEKHNÈ

Quatre thématiques étaient à l’honneur lors de cette première édition : la data et l’innovation de services au sein des structures hospitalières ; la data et le fact-checking dans la lutte contre la propagation des fake news ; la filière textile au cœur des enjeux environnementaux contemporains ; et l’intégration de la finance dans la lutte contre les dérèglements climatiques.

TEKHNÈ a lancé en 2018 son premier programme d’accélération en co-création avec le Liberté Living-lab et les Fondations Edmond de Rothschild. Ce programme est hébergé et piloté au sein de l’Accélérateur Tech d’Intérêt Général, et soutient à date des entrepreneurs dans les secteurs de la santé et de l’environnement. Les startups sélectionnées à l’issue d’appels à projets dédiés bénéficient de 12 mois de résidence au sein du Liberté Living-lab, incluant une phase d’accélération de 6 mois afin de structurer et de développer leurs projets.

Rudy Cambier, co-dirigeant du Liberté Living-lab, et Firoz Ladak, Directeur Général des Fondations Edmond de Rothschild, ont inauguré cette première édition en rappelant le positionnement de TEKHNÈ et leur engagement en faveur de l’accompagnement d’un entrepreneuriat au service de l’intérêt général, dans un objectif de durabilité économique et sociale.

Data et innovation de service, construire le futur de la santé.

La startup ARKHN est présente depuis près de deux ans au Liberté Living-lab et est aujourd’hui pleinement intégrée au sein de son écosystème. Emeric Lemaire en est le co-fondateur et en précise le positionnement :les données de santé sont un sujet d’actualité en pleine crise sanitaire : elles sont primordiales dans le parcours patient, et particulièrement dans sa phase de soin.” Emeric Lemaire a débuté en tant que Data Scientist. La donnée de santé a été très vite une problématique pour lui, à la fois dans son accessibilité et dans son traitement. La preuve en est, près de 80% de son temps était consacré à la recherche de cette donnée, et non à son interprétation.

Le problème résolu par ARKHN, c’est le problème de l’accessibilité de la donnée de santé. Il faut savoir qu’aujourd’hui, un hôpital, c’est en moyenne plusieurs dizaines de logiciels différents : celui des urgences, celui de l’administration, celui du dossier patient informatisé etc.” L’une des grandes difficultés réside dans le fait que ces logiciels n’ont pas été pensés pour pouvoir communiquer entre eux, et la donnée est stockée à un format propriétaire décidé par l’éditeur du logiciel : “ces logiciels parlent tous une langue différente. ARKHN propose donc de traduire ces données présentes dans différents logiciels, dans un standard ouvert et libre, puis les agrège dans une base centrale.

Kevin Joubel, responsable de l’unité Data Science et DPO de l’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild, poursuit les échanges avec la présentation de son périmètre d’action. L’unité Data science a été créée il y a un an et demi grâce au soutien des Fondations Edmond de Rothschild suite à un constat de la Direction Générale qui mettait en évidence (i) une multiplication des sujets de recherche sur données et (ii) le fait que les techniques de data science et d’intelligence artificielles pouvaient être un véritable levier d’accélération de la recherche en santé.” Il poursuit en précisant les deux objectifs majeurs de cette unité : “d’une part faciliter l’accès aux données tout en s’assurant d’être en permanence dans le respect de la réglementation ; d’autre part se positionner dans l’accompagnement au développement de projets data science au sein de l’hôpital, tant pour les personnels médicaux que paramédicaux”. Le but étant principalement de travailler sur des projets de recherche sur données rétrospectives, dans des projets d’aide à la pose de diagnostics, de prédiction de l’évolution d’une pathologie, de personnalisation du traitement et du parcours de soin, tout en regardant de près d’autres problématiques liées aux pics d’activités et à l’optimisation de l’accueil des patients.

Faisant échos aux propos liminaires d’Emeric Lemaire, Kevin Joubel confirme qu’au sein de son hôpital d’exercice, “l’objectif est de passer de la donnée brute à de la donnée d’usage, et de parvenir à relier les données patients enregistrées sous des formats différents par différents prestataires.”

Il existe également une autre problématique selon Kevin Joubel,il faut trouver le bon compromis entre le temps d’échange que le praticien doit passer avec le patient et le nombre de données structurées, et de qualité, qui va être récupéré. Par exemple, un patient atteint de sclérose en plaques voyant son neurologue une fois tous les 6 mois n’a pas envie que ce même neurologue passe la plus grande partie de son entretien avec lui à taper sur son clavier derrière un écran d’ordinateur, surtout si cet entretien ne peut durer que 15 minutes au total”.

L’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild travaille déjà avec un certain nombre de startups, surtout sur des projets de recherche. Ce type de collaboration demande toutefois souvent du temps, majoritairement à cause de sujets réglementaires. Cet hôpital est un établissement de santé privé d’intérêt collectif (ESPIC) qui propose une prise en charge d’excellence en secteur 1 et assure, chaque année, plus de 400 000 consultations et actes techniques et plus de 45 000 passages aux urgences ophtalmologiques. Référence dans les maladies de la tête et du cou, la fondation développe une prise en charge multidisciplinaire du patient alliée à un investissement soutenu dans les nouvelles thérapeutiques et les innovations technologiques telles que la data science, le data mining, le machine learning et les algorithmes appliqués à la santé.

Vérifier la crédibilité scientifique pour lutter contre la propagation des fake-news.

Dans le champ de la data, une autre problématique peut également être abordée : celle du traitement des informations erronées (volontairement ou non) et diffusées sur les réseaux sociaux et dans les médias. C’est une question d’autant plus importante dans cette phase de crise sanitaire.

Emmanuel Vincent, fondateur de la startup Science Feedback, lauréate de la 3e promotion TEKHNE, et Iona Manolescu, directrice de recherche à l’INRIA et professeur à l’École Polytechnique, proposent leur point de vue scientifique et entrepreneurial sur cette question.

Emmanuel Vincent est à l’origine un scientifique du climat. Il a créé Science Feedback pour permettre à des scientifiques de vérifier la crédibilité des informations virales en ligne, en s’appuyant sur des éditeurs salariés et sur un réseau de bénévoles. Pour ce faire, la startup suit les informations virales sur internet, sur Facebook et d’autres réseaux sociaux, et sélectionne chaque jour les informations les plus discutées et partagées en ligne. Sur ces informations, Science Feedback écrit des analyses d’affirmation sur la base de retours scientifiques pour ensuite délivrer un verdict final. Emmanuel Vincent a notamment pu nous exposer un exemple concret de ces applications : “en février dernier, une information circulait activement pour affirmer que la maladie liée à la covid19 n’était pas liée à un virus mais à la technologie 5G. Or, ce type de fausses informations peut avoir des conséquences bien réelles, comme ont pu l’attester de nombreux incendies de tours 5G, ou encore les réticences des populations à se faire vacciner.” Cette année, ce sont près de 50 millions de notifications qui ont été envoyées par Facebook à ses utilisateurs sur la base des analyses de Science Feedback.

Aujourd’hui, l’un des sujets majeurs pour Science Feedback est de parvenir à construire une base de données répertoriant tous les fact-checks qui existent dans le monde, que ces fact-check proviennent de Science Feedback ou d’autres institutions, en incluant également tous les liens url qui contiennent une même affirmation. L’idée est de mettre en place un process, avec de l’intelligence artificielle, pour aller chercher sur internet tous les endroits ayant répété la même chose et ayant déjà été vérifiés par un fact-checker afin de pouvoir informer rapidement et efficacement les plateformes, et générer de la données sur les gains ou pertes d’audience de ces fausses informations.

Ioana Manolescu poursuit l’analyse en exposant ses recherches sur le sujet de la gestion de données pour la vérification d’informations journalistiques. “Ayant grandi dans une dictature, j’apprécie la valeur de la presse libre.” Dans l’un de ses précédents travaux de recherche, Ioana Manolescu a eu l’occasion de collaborer avec des fact-checkers du journal Le Monde, qui utilisaient les informations de l’INSEE pour vérifier la crédibilité scientifique des informations qu’ils s’apprêtaient à diffuser. Or, les informations de l’INSEE sont difficilement utilisables par des machines car, si ces sources d’informations de référence de l’INSEE sont d’excellentes sources de données pour des vérifications, elles sont publiées sur des formats html de type site web avec des Excel intégrés. En 2019, toutes les données de l’INSEE ont pu être extraites ; il s’agissait de données publiques open data, statistiques et non nominales. La structure des tableaux de données a pu être interprétée en mettant ces tableaux dans un format uniformisé, rdf (format de référence pour partager des données ouvertes sur internet) et en appliquant à ce format des algorithmes spécialisés de recherche d’informations. À partir de quelques mots clés, on peut ainsi trouver l’information recherchée à partir des données de l’INSEE. Ces outils data peuvent être fournis aux journalistes pour leur fournir des gains de productivité impressionnant.

S’en est suivi un travail de recherche scientifique visant à extraire des informations statistiques à partir de tweets et d’articles, pour formuler automatiquement la question à vérifier.

Pour résumer son travail conséquent de recherche, Ioana Manolescu nous expose quele projet est d’arriver à acquérir des données très hétérogènes en gardant leur origine précise et les rendre facilement utilisable pour des personnes qui ne sont pas ingénieurs, comme les journalistes

Intégrer la finance dans la lutte contre les dérèglements climatiques.

“À mon sens, la finance est un levier encore insuffisamment actionné pour lutter contre les dérèglements climatiques”, tel est l’enjeu posé par Kamel Nait-Outaleb, co-fondateur et CEO d’ONLYONE, une fintech qu’il a créée il y a deux ans avec Matthias Rouberol, CTO de la startup.

D’un côté, le paysage bancaire français est constitué de beaucoup d’acteurs. En effet, on compte près de 350 établissements de crédit, dont seulement 2 établissements peuvent être qualifiés d’éthiques. D’un autre côté, le marché a constaté l’émergence de nouveaux acteurs, principalement des néo-banques et autres fintech qui sont parvenues à disrupter le marché via l’apport de la technologie et une expérience utilisateur bien meilleure que les banques classiques. L’idée d’Onlyone est de créer un hybride entre ces deux mondes, entre la néo-banque et la banque éthique. Onlyone propose ainsi une offre permettant d’accélérer la transition écologique, sans renier sur l’expérience utilisateur et sur les services que l’on peut attendre d’une néo-banque.

Depuis 2015, l’Accord de Paris nous incite à contenir le réchauffement à 2 degrés, et préconise la diminution des émissions de gaz à effet de serre par individu de 12 tonnes aujourd’hui à 2 tonnes demain. Or, il est encore difficile de mesurer l’impact d’émission carbone de la consommation de chaque personne. Via Onlyone, le compte bancaire permettra d’estimer l’impact carbone de chaque transaction pour avoir un indicateur de position au regard de l’objectif de réduction des émissions. La startup accompagnera également ses clients via un éco-coach pour leur permettre d’avoir des conseils afin d’atteindre les objectifs de diminution.

D’après le rapport publié en octobre 2020 par l’ONG Oxfam France, les français polluent davantage via ce que finance leur épargne que par leur propre consommation : l’argent placé des français représente dès lors le 1er poste d’émission de CO2 des individus sur le territoire. À titre d’exemple, le rapport illustre l’équivalence d’émission CO2 de 25 000€ épargné en banque dans l’une des grandes institutions financières françaises : cela représente autant d’émission de gaz à effet de serre que 9 trajets aller-retour entre Paris et New York.

Pour Philippe Zaouati, “on a dépossédé l’épargnant de son pouvoir”. “Mon déclic personnel s’est opéré pendant la crise financière de 2007–2008, j’étais dans le monde financier depuis une vingtaine d’année déjà, dans la gestion d’actifs, et la crise financière a été un moment où on s’est rendu compte de la problématique posée par cette finance complexe, opaque, et souvent déconnectée de l’économie réelle.”

Certes, beaucoup d’initiatives existent aujourd’hui sur le marché pour réorienter l’épargne, et c’est un élément absolument clé dans la prise en considération des enjeux environnementaux. Cependant, si l’acte de consommation est compris par les individus, comme le fait d’acheter davantage bio, d’acheter local ou en circuit court, la façon dont l’argent épargné est, elle, encore trop nébuleuse dans l’esprit de la majorité des citoyens. “On a professionnalisé l’acte d’épargne, et dans le même temps on a déconnecté l’épargnant de la capacité de choisir réellement l’utilisation de son épargne”. Pour résoudre ce problème d’opacité, la technologie est un outil extraordinaire. Il faut aussi que la réglementation, et notamment la réglementation européenne, accompagne ce mouvement en incitant et en obligeant les conseillers financiers à poser des questions relatives aux préférences environnementales et sociales des épargnants.

Ces éléments développés par Philippe Zaouati font immédiatement échos aux problématiques identifiées par Kamel Nait-Outaleb : “Le patrimoine financier des français représente aujourd’hui environ 5400 milliards d’euros, et sur ces 5400 milliards d’euros, 90% représentent de l’épargne, dont 40% en assurance vie. Une étude de l’IFOP de 2018 note que 90% des répondants n’ont jamais été confrontés à des conseillers bancaires leurs exposant des produits de type ISR ou avec des critères ESG.”

Par ailleurs, Philippe Zaouati relève qu’il est important que les institutions bancaires et financières participent activement à la transition écologique des produits financiers qu’elles structurent et qu’elles proposent à leurs clients. Ces produits doivent gagner en transparence et contenir de façon intrinsèque les outils de financement d’une économie résiliente et à impact carbone réduit. En ce sens, Philippe Zaouati nous a évoqué l’initiative d’une taxonomie européenne. Ce travail de taxonomie a été initié par la Commission Européenne en mars 2018, et figure à la première position des mesures énoncées dans son plan intitulé “Financer la croissance durable”. Un Rapport final sur la Taxonomie Européenne a pu être édité en mars 2020 et doit permettre d’encadrer le marché des produits financiers dits “durables” en évitant les dérives du green washing.

La filière textile au cœur des enjeux environnementaux contemporains.

Aujourd’hui, l’industrie textile est en forte croissance et représente 10% des émissions mondiales. Si rien n’est fait d’ici 2050, ce pourcentage passera à 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.“ alerte Benoit Illy, co-fondateur de la startup Fairbrics. L’industrie de la mode est aujourd’hui confrontée à un triple enjeu : (i) celui d’une consommation durable focalisée sur la fréquence d’achat de nouveaux vêtements et sur le cycle de vie des produits existant, (ii) celui de l’innovation et de la transformation, utilisant l’outil technologique au service de la réduction de l’impact environnemental, (iii) et celui de l’efficience écologique dans l’intégralité du modèle d’affaires.

Aujourd’hui, beaucoup de grands groupes de l’habillement se disent prêts à repenser leurs modes de production et de vente. Cependant, la majorité des émissions de CO2 provient des matières premières achetées et utilisées par ces groupes. Or, il existe encore très peu de matières premières durables et écologiquement efficientes sur le marché.

Le polyester est le produit le plus utilisé dans l’industrie textile ; il représente 50% du marché, et 95% de la croissance. C’est une fibre plastique fabriquée à partir de produits pétroliers : sa fabrication génère 40% des émissions de toute l’industrie.

Pour Benoit Illy, “la technologie que Fairbrics a développée renverse le problème en solution.” Fairbrics développe en effet une nouvelle technologie visant à fabriquer du polyester à partir de molécule de CO2, et participe ainsi à la réduction de l’empreinte carbone de l’industrie textile. Aujourd’hui, la startup est en capacité de produire 100g de matière par jour et monte en puissance via la signature de partenariats avec de grandes marques de mode pour un montant total de 600k€ sur les 4 prochaines années. Le polyester n’est qu’un début pour Fairbrics, le CO2 étant un matériau de base pouvant servir à la création de tout type de plastique.

Si aujourd’hui le polyester proposé par Fairbrics est coûteux, à termes, le prix du matériau sera similaire aux autres fournisseurs classiques de cette matière. En effet, la startup en est encore au stade de validation du procédé industriel après plusieurs années de recherche et développement. Dans les prochains mois, la startup pourra débuter sa phase de passage à l’échelle. Les perspectives sont fort prometteuses pour cette innovation : le CO2 étant considéré majoritairement comme un déchet, sa collecte peut être facilitée et peu coûteuse, voire même rémunérée lorsqu’elle devient impérative. Une affaire à suivre puisque ce procédé chimique permettrait de réduire de 50% l’impact environnemental de cette fibre textile synthétique par rapport aux procédés industriels classiques.

À l’Institut Français de la Mode, le développement durable est également au cœur du parcours pédagogique, d’autant que nos étudiants seront demain les professionnels du secteur.” nous confie Andrée-Anne Lemieux, Directrice de la chaire Développement durable de l’IFM. “Si on réussit à leur transmettre les clés de compréhension et les valeurs du développement durable, on prend alors un potentiel d’accélération significatif sur la transformation du secteur.” Cette considération pour la durabilité de la filière s’applique au sein de l’IFM à l’ensemble des étudiants, qu’ils soient créateurs, acheteurs, chefs de produits, marketeurs etc. La réflexion sur les matières premières n’est d’ailleurs qu’un maillon de la formation dispensée au sein de l’Institut, puisque celui-ci s’intéresse à l’ensemble de la chaîne de valeur.

Avec un PhD de Polytechnique Montréal et un Doctorat en Génie industriel de l’École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers, Andrée-Anne Lemieux a consacré sa thèse à la transformation et l’innovation par le lean management et l’agilité dans le secteur de la mode et du luxe.

Après 15 ans d’expériences corporate dans ce secteur, elle se consacre aujourd’hui à l’enseignement supérieur et à la recherche à L’Institut Français de la Mode sur les thématiques du développement durable et de la responsabilité sociale des entreprises de la mode et du luxe. “À un moment donné, j’ai eu besoin d’aligner mes valeurs personnelles avec mes considérations professionnelles, notamment face à des situations de grands gaspillages, non seulement au niveau du produit mais aussi au niveau des conditionnements et emballages.

Heureusement, les pouvoirs publics commencent à prendre conscience de l’enjeu et interviennent progressivement via la législation pour contraindre les acteurs de cette industrie à limiter leurs externalités négatives. La loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire) en est un bon exemple. Cette loi, portée par le Ministère de la Transition Écologique, a été promulguée le 11 février 2020 et vise notamment à interdire la destruction des invendus non-alimentaires, qui devront être donnés ou recyclés à partir du 1er janvier 2022 au plus tard.

“La bonne nouvelle, c’est que je suis tous les jours face à une relève étudiante extrêmement motivée, engagée, avec un niveau de maturité élevé sur le sujet, pour changer les pratiques de l’industrie de la mode.“ De quoi conclure sur une note positive.

Conclusion

©Photo ActuIa | Emmanuel Bacry
© Photo Actu Ia | Emmanuel Bacry

Emmanuel Bacry est chercheur au CNRS en intelligence artificielle et pilote une startup dans le domaine de la transition énergétique et de la data. Il est également Directeur Scientifique du Health Data Hub depuis plus d’un an.

Nous lui avons demandé d’intervenir en conclusion de cette première édition des TEKHNÈ Talks, afin de nous livrer son point de vue sur les questions de données de santé.

Pendant la première vague du covid, Emmanuel Bacry a été mandaté par le cabinet du Premier Ministre Edouard Philippe pour copiloter une task-force “data contre le covid”. La leçon qu’il en tire est très claire : “en France, nous avons de très belles bases de données, beaucoup de projets les utilisent, en revanche, dès que l’on souhaite organiser des projets à l’échelle nationale, c’est la catastrophe.”

Emmanuel Bacry identifie trois problèmes principaux concernant les données de santé : ces données sont dispersées dans de multiples institutions ; il existe par ailleurs un problème de gouvernance significatif, complexe, parfois obscure, et dans tous les cas hétérogène ; et enfin il existe un problème d’interopérabilité de la donnée.”

Le Health Data Hub a pour objectif de répondre à ces trois grands enjeux, via la publication d’un catalogue de bases de données sur une plateforme, des bases mobilisables, potentiellement interopérables, pour conduire des projets de recherche d’intérêt public. Le Health Data Hub a également une mission d’animation de l’écosystème académique et industriel.

La structure va très prochainement ouvrir des espaces sécurisés, avec des logiciels mis à disposition pour répondre à des besoins identifiés. Par exemple, il n’existe aujourd’hui aucun logiciel permettant de faire de la visualisation massive de parcours de soin.

Le Health Data Hub peut aussi jouer le rôle de tiers de confiance, un espace où des porteurs de dispositifs médicaux viendront tester leurs algorithmes sur des données de vie réelles. On pourrait également imaginer la réalisation d’essais cliniques de phases 4 sur ces mêmes données de vie réelles, pour qu’ensuite une autorité de santé vienne vérifier et auditer les résultats de ces essais.

Pour conclure cette première édition des TEKHNÈ Talks, et pour faire échos aux thématiques de santé abordées, Emmanuel Bacry nous rappelle une précision importante : en Europe, les données de santé n’appartiennent pas aux citoyens, ce sont des attributs ; le citoyen possède un contrôle de l’accès de ses données, mais il ne peut pas les vendre.

Toute l’équipe TEKHNÈ remercie ses partenaires, les intervenants et les participants de cette première édition des TEKHNÈ Talks, et vous donne rendez-vous très vite pour une prochaine édition.

Plus d’information sur le programme TEKHNÈ : https://www.tekhne-liberte.org/

Plus d’information sur le Liberté Living-lab : https://www.liberte.paris/

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